Nouvelles : “Cela me met hors de moi, j’ai envie de me lever et de la frapper, de l’étrangler…”

“Cela me met hors de moi, j’ai envie de me lever et de la frapper, de l’étrangler…”

Tous les détails à l'intérieur...

Publié le par Ayoye dans Nouvelles

Saviez-vous qu'il y a un nom pour décrire les personnes qui ont horreur d'entendre manger les autres? En effet, si ces personnes se disent tout simplement incapables d'endurer de tels sons, c'est parce qu'elles souffrent de misophonie, une détestation ciblée de certains sons qui peut entraîner une détresse psychologique.

Il y a beaucoup plus de personnes qui souffrent de misophonie qu'on ne voudrait bien le croire.

À titre d'exemple, sur le site de misophonie.fr, on retrouve de nombreux témoignages à ce sujet dont celui d'Axelle qui explique: "J’attaque la personne qui mange ou fait du bruit. Je sais que c’est grave car ce n’est pas de sa faute, mais je ne trouve pas de moyens efficaces pour réduire ses nuisances et vivre enfin en paix." Pour sa part, Marielle confie: "Je suis incontrôlable hélas. En général, je pars, mais lorsque je suis dans l’impossibilité de fuir, je ne peux m’empêcher de faire des réflexions très déplacées." Même son de cloche de la part d'Emmeline chez qui la misophonie fait naître de violentes pulsions: "Quand j’entends une personne manger, se gratter, rire niaisement, tousser... Cela me met hors de moi, j’ai envie de me lever et de la frapper, de l’étrangler…"

Dans une entrevue accordée à LCI, le psychiatre Jérôme Palazzolo a toutefois expliqué que le fait d'être dérangé par des bruits de mastication ne signifiait pas nécessairement qu'on souffrait de ce trouble neuro-psychique: "si le simple fait d'entendre son ou sa conjoint(e) mastiquer bruyamment vous énerve, cela ne signifie pas que vous souffrez obligatoirement d’une misophonie. En revanche, il y a nécessité d’intervenir lorsque cela a un impact sur le mode de fonctionnement de l'individu, sur son comportement ; bref, lorsque ces bruits vous gâchent littéralement la vie!"

Questionné à propos de ce qui peut causer la misophonie chez une personne, le psychiatre poursuit en affirmant: "nous sommes des organismes complexes, dont la santé mentale varie en fonction de réactions biochimiques qui ont lieu dans notre cerveau. [...] On secrète continuellement des "messagers", les neurotransmetteurs, qui transmettent des informations d’un groupe de neurones à un autre. Ces "messagers", comme la sérotonine ou la dopamine, sont parfois présents en trop grande ou en trop faible quantité, et ces variations peuvent alors être source de troubles."

Il existe des façons d'en finir avec la misophonie, mais pour ce faire, il faut envisager différentes pistes dont la médication: "Il existe bien sûr des médicaments éventuellement prescrits par le médecin, qui ont pour rôle de réguler les taux des neurotransmetteurs, principalement la sérotonine, mais l’intervention thérapeutique doit réellement s’envisager à plusieurs niveaux." 

Enfin, comme l'illustre le psychiatre, son principal défi afin d'aider ses patients à vivre avec la misophonie est de faire adopter à celui ou celle qui en souffre une vision plus pragmatique qu'à l'accoutumée : "Le but est de "désapprendre" les comportements qui vous gênent, et à en adopter d'autres qui permettent une vie plus normale. Au-delà de l'action sur les comportements, l'apport de la psychologie cognitive fait que vous allez tenir de plus en plus compte de vos idées et de vos propres sentiments, de votre univers intérieur : quelles sont les réactions corporelles que provoque la situation angoissante ? Dans quelles circonstances les symptômes sont-ils apparus la première fois ? Quelles en sont les conséquences familiales, sociales, professionnelles ? Comment réagit votre entourage, votre famille ?"

En résumé, bonne chance si vous faites partie de ces personnes, mais ne vous découragez surtout pas! Il existe des solutions!

Source: LCI · Crédit Photo: Courtoisie