Nouvelles : Fillette décédée à Granby: Une employée de la DPJ de l'Estrie lance un cri du coeur

Fillette décédée à Granby: Une employée de la DPJ de l'Estrie lance un cri du coeur

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Publié le par Ayoye dans Nouvelles
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Une employée de la direction de la protection de la jeunesse (DPJ) de l'Estrie affirme avoir dénoncé à plusieurs reprises les conditions de travail inacceptables des intervenants auprès de la haute direction.

L'employée qui a accepté d'accorder une entrevue à La Presse sous le couvert de l'anonymat afin de s'assurer de ne pas perdre son travail a déclaré: "Le rythme est insoutenable. [...] Cette tragédie, c'est un symptôme de la situation qu'on vit. J'ai des dossiers qui sont en attente depuis quatre, cinq mois. J'ai eu un cas à neuf mois d'attente. Ces cas, c'est des enfants qu'on laisse dans la misère humaine. À plusieurs reprises, je me suis choquée. Je leur ai dit que ça n'avait pas de bon sens. Qu'on avait atteint le point de rupture."

Comme l'a expliqué l'intervenante à La Presse, le "point de rupture" aurait été atteint suite à la réforme Barrette en 2015, qui avait fusionné les défunts centres jeunesse dans le grand ensemble des centres intégrés de santé et services sociaux (CISSS) de chaque région. « On leur a dit qu'il était minuit moins une ! » 

Aux dires de l'employée, cette réforme a considérablement nui au travail des divers intervenants: "Ça n'a vraiment pas aidé. C'est là qu'on a vu le crash, intense. Ça nous a complètement noyés dans le système de santé. Il y a eu un tournant qui est irrécupérable."

Selon ce qu'indique l'employée, chaque fois qu'elle a plaidé auprès de la haute direction que les intervenants vivaient actuellement une situation de crise, elle constatait que même la direction semblait dépassée par la situation. 

Pour sa part, Emmanuel Breton, qui est représentant pour l'Estrie de l'Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux, soutient aussi que la situation en cours est tout simplement intolérable: "Ça fait des années que les syndicats dénoncent cette réalité. Il y a une hausse du nombre de signalements, mais pas plus de personnel pour faire notre travail. Le résultat, c'est que les urgences tassent les autres dossiers."

Enfin, la mort de la fillette de 7 ans à Granby ne sera certainement pas en vain, car comme l'explique Emmanuel Breton, bien des choses devront changer: "C'est la dévastation pour toute l'équipe. Tout le monde a les yeux rouges, on a des frissons en entrant ici. Il y a des intervenantes qui sont allées sur le terrain les yeux pleins d'eau. [...] Ce n'est pas vrai qu'elle va être morte pour rien. C'est beau, la colère des politiciens, mais l'ancien gouvernement a coupé des millions. De dire que l'austérité n'a pas touché les gens, c'était archifaux. [...] Moi, je dis aux politiciens : venez, écoutez les gens, on va se parler des vraies choses. Si on n'en veut plus, d'autres décès, il va falloir changer des affaires."

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Source: La Presse · Crédit Photo: Courtoisie