Nouvelles : Le dernier message d'une jeune infirmière de 23 ans juste avant de se suicider

Le dernier message d'une jeune infirmière de 23 ans juste avant de se suicider

Tous les détails à l'intérieur.

Publié le par Ayoye dans Nouvelles
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Émilie Houde s'est enlevé la vie le 29 mars dernier. Elle n'avait que 23 ans. Avant de mourir, Émilie a écrit un texte qu'u membre de sa famille a partagé sur Facebook. Des dizaines de milliers de personnes ont été touchées par ses derniers mots. 

« J’ai eu un mal de vivre depuis que j’ai 12 ans, et maintenant j’en est 23. J’ai 23 ans et je suis déjà tannée de la vie, j’ai hâte que mon heure arrive. Ça blesse mes proches et je les comprends, mais me voir malheureuse je ne crois pas que c’est mieux. C’est difficile de dire ça à quelqu’un parce qu’il va le prendre personnel. Mais les proches ne comprennent pas que cette décision n’a rien avoir avec eux. Pour moi, ça a toujours été difficile de vivre, pas grand-chose me rendait heureuse, j’ai jamais été bien avec moi-même et c’est peut-être ce qui a causé ma perte », a-t-elle expliqué. 

« Je me demande tellement de questions. Pourquoi moi? Pourquoi je me sens comme ça? Pourquoi je n'arrive pas à m'en sortir? J'ai finalement conclus que c'était parce que je n'étais pas faite pour ça : la vie. Qu'est-ce que ça pourrait être d'autre au fond. Je me sens comme une étrangère dans ce monde-ci, comme si je n'étais pas sur la bonne planète. C'est difficile à expliquer et à comprendre par quelqu'un qui ne vit pas ce mal de vivre là. Mais c'est un mal constant, oui parfois y'a des beaux jours, mais ce mal de vivre revient toujours. Il finit toujours par me rattraper comme si je n'avais pas droit au bonheur trop longtemps », a-tlle écrit. 

Émilie a dit qu'elle a tenté d'aller chercher de l'aide, mais qu'on n'a pas pu l'aider. 

« C'est pas que j'ai pas essayé…j'ai vu des psychiatres, des psychologues, des médecins, mais aucun n'a vraiment été en mesure de m'aider réellement. J'ai toujours eu l'impression que pour eux je n'avais pas un vrai problème, que ce n'était pas prioritaire. Je trouve dommage que dans notre société la maladie mentale soit encore à ce point stigmatisée et qu'il y ait encore un grand manque de ressource pour ces personnes là », a-t-elle ajouté. 

« Au Québec, il y a un gros taux de suicide et je comprends pourquoi. Je me suis présentée à l'urgence dans le but de me faire hospitalisée car je n'en pouvais plus de vivre comme ça, je voulais être traitée, je voulais être prise en charge. Pour le psychiatre, je ne nécessitais pas d'hospitalisation… mais au fond, comment peux-tu savoir ça? Il ne sait pas comment je me sens à l’intérieur de moi, dans la maladie mentale la meilleure personne qui se connait c’est nous-même. Cette fois-ci, j’ai vraiment voulu m’aider, j’ai cherchée des ressources, j’ai appelé à plusieurs endroits, je suis allée à l’hôpital…Bien franchement, rien de tout ça m’a aidée. J’en ai juste été encore plus découragée parce que j’ai eu l’impression qu’on ne pouvait pas m’aider. Je pense que c’est pourquoi il y a un énorme taux de suicide ici », a-t-elle dénoncé. 

« J’espère vraiment que d’ici quelques années, il y aura des changements pour qu’enfin des personnes comme moi se sentent mieux dans la société et soit prisent en charge le plus tôt possible. La maladie mentale ce n’est pas à prendre à la légère, il faut la traiter comme tout autre maladie de l’organisme. Ce n’est pas parce que c’est une maladie abstraite qu’elle ne mérite pas d’être prise en compte. »

Lisez son message en intégralité: 

Sa conjointe a aussi réagi sur les réseaux sociaux. 

« Il faut que les choses changent, peut-être que ça pourra sauver d’autres personnes qui vivent la même souffrance qu’elle a eu. Elle avait raison. Ce n’est pas une façon de vivre être malheureuse comme ça. Le système de santé à besoin de s’ouvrir les yeux sur la gravité du manque au niveau de la santé mentale. À cause de ce manque, j’ai perdu ma blonde, ma complice, ma meilleure amie. »

La famille invite les personnes à faire des dons à la Fondation prévention du suicide Accalmie, 1905 rue Royale, Trois-Rivières, Qc, G9A 4K8, 819-840-0549 poste 16, site web: www.préventiondusuicide.com

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Source: Facebook / Jimmy Houle · Crédit Photo: Capture d'écran