Nouvelles : Prison avec sursis requise contre l’institutrice d'une classe où un garçon a défenestré une écolière trisomique

Prison avec sursis requise contre l’institutrice d'une classe où un garçon a défenestré une écolière trisomique

La chute d'une hauteur de 5,75m a causé des blessures mortelles à l'élève.

Publié le par Ayoye dans Nouvelles
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Une enseignante était jugée ce mardi suite à la mort d'une élève de sa classe qui avait été défenestrée par un autre écolier, à Périgueux en 2015.

L'enseignante nommée Élisabeth Jaccard, et qui est aussi directrice de l'école privée du Sacré-Cœur à Périgueux, en Dordogne, a déclaré en sanglotant lors de son passage devant le tribunal correctionnel d'Angoulême (Charente-Maritime) pour homicide involontaire: "Trois minutes d'absence. Trois de trop… Je m'en voudrai toute ma vie".

La femme faisait alors référence au tragique incident survenu le 8 janvier 2015, tandis qu'un garçon de 8 ans défenestrait Laly, une fillette du même âge atteinte d'une trisomie 21, dont la chute d'une hauteur de 5,75m a causé des blessures mortelles.

L'enseignante est douloureusement revenue sur cette horrible journée en déclarant: "C'était un jour ordinaire. J'avais neuf élèves. Le garçon avait fini son travail avant les autres. Je l'ai autorisé à passer dans la salle de jeux séparée de la classe par une cloison. Puis Laly et une seconde élève l'ont rejoint. Je me vois ranger quelques feuilles, des pochettes sur mon bureau, avant de rejoindre le pas de la porte. Alors j'ai vu l'enfant refermer la fenêtre. Je me suis précipitée, Laly était en bas…"

Par le passé, le garçon en question s'en était déjà pris de la même façon à une fillette de 2 ans et demi chez une assistante familiale, mais on n'avait jamais informé Élisabeth Jaccard du motif de son inscription à l'école du Sacré-Cœur en février 2014. De plus, l'enseignante ignorait que l'enfant était atteint de violents troubles du comportement et qu'il avait été placé dès ses 2 ans en famille d'accueil par l'ASE, l'aide sociale à l'enfance, après avoir été agressé par son père.

L'ASE justifie pour sa part ce manque de transparence par le secret professionnel, Jaccard voit cela d'un tout autre oeil: "Ils ont délibérément omis de me parler de la dangerosité de cet enfant. Pour que j'accepte son inscription."

L'avocat de Jaccard, Me Lionel Béthune de Moro, insiste lui aussi sur cet aspect qu'il juge comme étant très important en faisant référence à la jeune victime qui est morte défenestrée: "Laly aurait mérité une violation du secret professionnel, au moins le secret partagé".

Du côté de la procureure Sophie O'Hana, qui demande une peine de 6 mois d'emprisonnement avec sursis - la peine maximum est de 3 ans de prison, celle-ci accuse l'enseignante de minimiser la portée de "la faute caractérisée" qui lui est reprochée: "Une structure en France est-elle adaptée au profil de ce garçon ? Non, c'est clairement un problème de société. Élisabeth Jaccard est la seule à avoir exprimé sa culpabilité, des regrets".

Le père de la jeune victime, Franck Baril, a déclaré: "Nous n'attendons pas une peine à l'encontre de cette institutrice. Elle n'était pas informée de la bombe qu'on avait placée dans sa classe… L'ASE est absente aujourd'hui, c'est pourtant elle la coupable", puis à la sortie du tribunal, il a longuement serré Élisabeth Jaccard. 

Enfin, Jaccard, qui enseigne toujours dans le même établissement à Périgueux a conclu en affirmant: "Ces enfants ont tellement envie et besoin d'apprendre… Je ne suis plus jamais seule en classe. Et je n'ai plus confiance en l'ASE. Je refuse tous les dossiers qu'ils me présentent".

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Source: Le Parisien · Crédit Photo: Courtoisie